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"De l'Humus à l'Humain" conference de Pierre Rabhi


Tâm Chân Hanh
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"De l'Humus à l'Humain" conference de Pierre Rabhi

Message par Tâm Chân Hanh le Mar 01 Juil 2008, 22:35

Nous étions plus de 350 privilegiés à avoir pu écouter ce samedi 28 juin , cette conference de Pierre Rabhi donnée dans le cadre des :

"Rencontres 2008" pour préparer le festival Camino de Juin 2009
http://w3.cerises.univ-tlse2.fr/news/index.php?id_news=289

Qui est Pierre Rabhi ?

Une "grand bonhomme" (petit par la taille) pour lequel nous avons beaucoup d'admiration :


Lire ici

Et voici un résumé de sa conférence

De l'Humus à l'Humain: L'agroécologie, l'être humain dans sa responsabilité à l'égard du vivant

La terre… Combien sommes-nous à comprendre
cette glèbe silencieuse que nous foulons durant toute notre vie, quand
nous ne sommes pas confinés dans des agglomérations hors-sol qui nous
la rendent encore plus étrangère ?

Il a fallu des millénaires

La terre nourricière est, parmi les quatre éléments majeurs, celui qui
n’a pas existé dès l’origine. Il a fallu des millénaires pour que la
mince couche de terre arable d’une vingtaine de centimètres à laquelle
nous devons la vie puisse se constituer.



Univers
silencieux d’une extrême complexité, siège d’une activité intense, elle
est régie par une sorte d’intelligence mystérieuse et immanente. C’est
dans ce monde discret que s’élaborent, comme dans un estomac, les
substances qui permettront aux végétaux de se nourrir, de s’épanouir
pour se reproduire, et c’est aux végétaux que les humains et les
animaux doivent leur propre survie. Il est donc urgent de reconnaître
que la dénomination « terre-mère » n’est pas une métaphore symbolique
ou poétique, mais une évidence objective.


Ainsi s’est établie une logique extraordinaire fondée sur la
cohésion du vivant.

La terre, le végétal, l’animal et l’humain sont de
cette manière unis et indissociables. Prétendre nous abstraire de cette
logique, la dominer ou la transgresser impunément est une dangereuse
illusion. Avec l’ère de la technoscience, de la productivité et de la
marchandisation sans limite, on ne voit plus dans la terre et les
végétaux qu’une source de profit financier. Semences sélectionnées,
dégénérescentes ou non reproductibles, engrais, pesticides,
monocultures, irrigation à outrance, machinisme... etc. :

la logique de productivisme


l'agriculture
n'a pas échappé à la logique de productivisme. Suivant les processus et
les mécanismes inspirés par la loi du marché et du profit illimité,
elle a porté gravement atteinte à la terre nourricière. Elle
s’accompagne d’un bilan économique, écologique et social dramatique :
destruction de l’humus des sols, pollution des eaux, perte de la
biodiversité domestique animale et végétale, disparition des paysans,
de leurs savoir-faire et de leur culture, dévitalisation de l’espace
rural, avancée de la désertification, manipulation et brevetage des
semences…etc. La terre est vivante et ne peut pas être assujettie à
toutes ses exactions sans de graves dommages pour l’avenir.


Par ailleurs, ce mode de production agricole se révèle être le plus
onéreux, vulnérable, dépendant et le moins rentable de toute l’histoire
de l’humanité : 4000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un
kilo de viande, il faut à peu près 2 à 3 tonnes de pétrole pour
fabriquer une tonne d’engrais et 12 calories d’énergie pour obtenir 1
calorie alimentaire… Entre excès, gaspillages et scandales alimentaires
d’un côté, pénuries et famines de l’autre, l’agriculture productiviste,
après s’être exprimée librement pendant des décennies, montre
sérieusement ses limites. Le magnifique terme de « nourriture » qui,
au-delà de la matière nutritive, a des résonances symboliques et
poétiques, monde de saveurs subtiles qui réjouissent l’âme et le corps,
a cédé la place à « la bouffe » qui désigne cette matière surabondante,
frelatée, manipulée, polluée, cause d’un désabusement où les biens de
la terre ne nous parviennent plus comme des offrandes que chaque saison
nous apporte en temps et lieux les plus propices.

les complices de la mort



On commence enfin à faire le rapprochement de cause à effet entre la
nourriture et le véritable fléau des pathologies dites de civilisation
qui, en dépit de nos connaissances, de nos équipements médicaux les
plus sophistiqués, ne cessent de s’étendre. La nourriture, l’air,
l’eau, attributs fondamentaux de la vie, garants de la vie depuis les
origines, deviennent peu à peu les complices de la mort. Faut-il encore
et encore rappeler qu’il sera toujours, et quoi que l’on fasse,
impossible d’avoir une nourriture de grande qualité sans comprendre,
respecter et soigner la terre qui la produit ? Répondre aux nécessités
de notre survie tout en respectant la vie sous toutes ses formes est à
l’évidence le meilleur choix que nous puissions faire si nous ne
voulons pas être exposés à des famines sans précédent.


C’est pourquoi il est selon nous d’une importance décisive que
l’agroécologie que nous préconisons, enseignons et appliquons depuis
plusieurs décennies se répande dans le monde entier. S’appuyant sur un
ensemble de techniques inspirées de processus naturels comme le
compostage, le non retournement du sol, l’utilisation de purins
végétaux, les associations de cultures…etc., elle permet aux
populations de regagner leur autonomie, sécurité et salubrité
alimentaires tout en régénérant et préservant leurs patrimoines
nourriciers.Parce qu’elle est fondée sur une bonne compréhension des
phénomènes biologiques qui régissent la biosphère en général et les
sols en particulier, elle est universellement applicable.



La pratique agroécologique a le pouvoir de refertiliser les sols, de
lutter contre la désertification, de préserver la biodiversité,
d’optimiser l’usage de l’eau. Elle est une alternative peu coûteuse et
adaptée aux populations les plus démunies. Par la revalorisation des
ressources naturelles et locales, elle libère le paysan de la
dépendance des intrants chimiques et des transports générateurs de tant
de pollutions et responsables d’une véritable chorégraphie de l’absurde
où des denrées anonymes parcourent chaque jour des milliers de
kilomètres plutôt que d’être produites sur place. Enfin, elle permet de
produire une alimentation de qualité, garante de bonne santé pour la
terre et ses enfants.

la base d’une mutation sociale



Par ailleurs, l’agroécologie bien comprise peut être à la base d’une
mutation sociale. Elle est une éthique de vie qui introduit un rapport
différent entre l’être humain, sa terre nourricière et son milieu
naturel et permet de stopper le caractère destructeur et prédateur de
cette relation.



C’est ainsi qu’elle représente pour nous bien plus qu’une simple
alternative agronomique. Elle est liée à une dimension profonde du
respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à
l’égard du vivant. Bien au-delà des plaisirs superficiels toujours
inassouvis, elle lui permet de retrouver la vibration de
l’enchantement, le sentiment de ces êtres premiers pour qui la
création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées.


Flo et Michel
Tâm Chân Hanh (Action Juste du Coeur)

amitiés
Michel

Agir sur soi afin d'agir dans la société, consommer autrement, agir par la consommation,
devenir consom'acteur pour ne plus être (con)sommateur...



http://michel1955.fr/

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