Texte: Bouddhas et Boddhisattvas.

  • Répondre au sujet

Texte: Bouddhas et Boddhisattvas.


Karma Trindal
Gardien du Site
Gardien du Site

Sexe:FémininPoissonsSinge
Messages : 3649
Inscrit le : 28 Jan 2007
Age : 28
Contrée : Bruxelles - Belgique
Profession : Enseignante
Disposition de l'Esprit : Bouddhisme, Nature, Lecture, Ami(e)s, Cinéma, Net, Photographie...

Texte: Bouddhas et Boddhisattvas.

Message par Karma Trindal le Dim 13 Juil 2008, 11:28



Bouddhas et Boddhisattvas.


Dans le Theravada, le terme Bodhisattva désigne le Bouddha historique avant qu'il n'atteigne l'Éveil. Dans le Mahayana,"La Noble Sagesse Suprême", le Grand Véhicule du Bouddhisme, les Boddhisattvas sont des êtres parvenus au bout du chemin de l'illumination. "Bodhi" signifie "esprit illuminé" et "sattva" "être". Ces entités spirituelles d'un très grand mérite sont considérés comme des divinités. Elles ont renoncé temporairement à entrer dans le "nirvana " afin de pouvoir mener tous les êtres du monde sensible jusques aux portes de l'illumination. Elles n'y entreront elles mêmes qu'après l'entrée du dernier.

Rappelons ici que le Mahayana est le Grand Véhicule du Bouddhisme, le fondement de l'idée de l'unicité de l'être total. Dans ce concept, toute division est illusion et l'ultime vérité est la révélation de la non-dualité intrinsèque de l'être. Nous rencontrons ici la particularité de la pensée orientale par rapport à nos habitudes d'Occident. Nous opposons généralement les contraires, le blanc et le noir, le bien et le mal, etc.. Les orientaux les autorisent à cohabiter. C'est pourquoi, dans le symbole du yin yang, l'on trouve toujours du blanc dans le noir et l'inverse.



Le Bouddhiste peut ainsi concevoir qu'un être spirituel ayant intégré l'essence du non-dualisme puisse se consacrer à libérer des êtres phénoménaux qui, dans sa révélation, sont déjà libres et inséparables puisque, sans le savoir, nous sommes tous déjà des Bouddhas. On peut ainsi concevoir que les boddhisattvas sont des sortes de ponts de diamant qui n'apparaissent et ne vivent que par le passage étincelant de l'illumination, laquelle pourtant confond les deux rives dans l'unicité de l'être véritable. Par conséquent et en ce sens, les boddhisattvas sont et ne sont pas et ils ont et ils n'ont pas de signification en dehors de cela.

Au stade suprême du Bodhi, l'être éveillé réalise qu'il est un Bouddha et il atteint le "Nirvana". Mais nous sommes ici au coeur de la pensée orientale. Nous allons y découvrir une précision détaillée et une hiérarchie subtile, même dans cet situation de bouddhéité. Ces Bouddhas sont des hommes qui ont atteint la samyak sambohdi, c'est à dire la connaissance parfaite. Ils ont maintenant transcendé la condition humaine et ont acquis des qualités nouvelles.

La première qualité est l'état de "Vue Pénétrante", de "Connaissance parfaite" de soi-même et des autres, de "Sagesse" et de "Conscience" en ce qui concerne les êtres et le choses, la nature et l'univers tant subtil que phénoménal. La réalité apparaît avec ses caractères véritables, éternelle et absolue mais toujours changeante et transitoire.

La seconde est l'état de "Liberté" et d'autonomie. La libération des chaînes du Karma, du cycle des renaissances et des souillures existentielles provoque un état de pureté sublime et entraîne une immense créativité spirituelle.

La dernière capacité acquise est la qualité d'émotion universelle. Elle se manifeste par un amour extrême et une compassion illimitée étendus à tous les vivants. Et c'est aussi un état permanent de joie et de bien être et d'extatique.

Un Bouddha est un être humain ayant réalisé l’état de samyak sambodhi. Il est donc une incarnation vivante de la Vue Pénétrante, de la Liberté, du Bonheur et de l’Amour. Au début de la tradition bouddhique il n’y avait que le seul Bouddha historique, le Sakyamuni humain historique. Durant sa vie même, il semble que ce Bouddha originel ait spirituellement distingué deux aspects de sa propre nature. Il considérait d’une part l’individu historique, "L'Éveillé" et d’autre part le principe abstrait de "l’Éveil". Il séparait donc le Bouddha et la Bouddhéité. Ultérieurement, la personnalité historique fut appelée rupakaya, ou « Corps de Forme » (rupa signifie « forme », kaya « corps » ou « personnalité »). Le principe de l’Éveil, indépendant de la personne qui le réalise, fut appelé dharmakaya, « Corps de la Vérité » ou « Corps de la Réalité ». Cependant, le Corps de Forme et le Corps de Dharma sont tous deux des corps du Bouddha.

Après la mort du Bouddha historique, le Mahayana introduisit un troisième corps entre les deux autres. On l'appela "sambhogakya", le corps de Bonheur Mutuel, qu'on peut interpréter comme l'archétype personnel de Bouddha, intermédiaire en dessous du niveau de l’Absolu mais au-dessus et au-delà de l’histoire. Conceptuellement, il y avait donc trois kayas, trois « corps » alignés verticalement, de haut en bas, le Corps de Dharma, puis le Corps de Ravissement Mutuel, et enfin le Corps Créé, le nirmanakaya. Cela devint la doctrine du trikaya, la doctrine des Trois Corps du Bouddha, qui est très importante dans le Mahayana et le Vajrayana.

Source:

  • Répondre au sujet

La date/heure actuelle est Jeu 08 Jan 2009, 04:50